Montpellier : il caillasse une banque pour atteindre « un symbole du capitalisme » – 13/02/2019

Le gilet jaune participait à sa cinquième manifestation à Montpellier. Il était resté après 17 h par curiosité…

Barbe courte et visage enserré dans une paire de lunettes rondes, il ressemble à John Lennon tout droit sorti des années 70. Sauf que ce lundi, le prévenu sort de geôle.
Le gilet jaune, « pacifique », a participé à cinq manifestations dans le Clapas sans le moindre accroc. Mais lors de l’Acte XIII, les caméras du centre de surveillance urbain l’ont observé jetant un projectile sur la vitrine de la banque CIC, de la Comédie. Il a été interpellé vers 20 h près de l’Observatoire avant de passer 36 h en garde à vue, d’être déféré puis jugé en comparution immédiate ce lundi devant le TGI de Montpellier. 

Une garde à vue éprouvante

Il reconnaît son geste. En jetant une pierre vers la banque, il visait « un symbole du capitalisme. Le caillou était à mes pieds, je m’étais fait gazer. Je suis un GJ, pas un casseur. Samedi, je suis resté un peu pour voir, mais je suis laissé embarquer… Je le regrette, je m’engage à rembourser la vitrine », assure-t-il. Cela ne sera pas nécessaire, la banque ne s’est par portée partie civile, les assurances régleront la douloureuse. Âgé de 39 ans, le Montpelliérain, auto-entrepreneur en électricité, est inconnu de la justice. « Je n’avais jamais fait de garde à vue, c’était affreux, j’espère que cela ne recommencera jamais, cette épreuve a été terrible », confie-t-il.

Préjudice commercial… et humain

Le procureur Marie-Françoise Treil relève que «  le capitalisme financier international se remettra de son geste. » En revanche, ces débordements hebdomadaires ont un fort impact sur le commerce local. « Certains risquent de mettre la clé sous la porte ou de licencier des personnes qui ont des enfants… » Le préjudice commercial est évident mais il faut prendre aussi en compte « un préjudice humain. Vous êtes auto-entrepreneur ; imaginez que ne puissiez plus accéder à votre chantier pour travailler… », image la représentante du ministère public. Elle requiert : 8 mois de détention avec sursis mis à l’épreuve avec interdiction de paraître à Montpellier le samedi.

Six mois avec sursis

Pour la défense, Me Johan Hélies, souligne que son client a très mal vécu l’épreuve de la garde à vue. « Je pense que celui-là, vous ne le reverrez pas. Mais il ne doit pas être le bouc émissaire de l’ensemble de son mouvement… » Le principal intéressé confirme qu’on ne l’y reprendra pas : « certainement, tout cela va beaucoup me calmer, je préfère éviter de me retrouver dans ce genre de situation ». Reconnu coupable, il a été condamné à 6 mois de détention avec sursis et interdiction de paraître le samedi dans un certain périmètre de l’Écusson (autour de la préfecture et de la Comédie).

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