Mélenchon et LFI ont-il traité les gilets jaunes de «fachos» avant de les «récupérer», comme l’accuse Onfray ?

Question posée par Jef (de Paris) le 02/06/2019

Bonjour, 

Votre question fait écho aux affirmations répétées de l’auteur et polémiste Michel Onfray, accusant Jean-Luc Mélenchon et les insoumis d’avoir récupéré le mouvement des gilets jaunes, après l’avoir dans un premier temps dénigré.

Vous renvoyez à une vidéo où Michel Onfray, interviewé par Natacha Polony, affirme à propos du mouvement des gilets jaunes qu’il a été «récupéré par Jean-Luc Mélenchon», lequel a «quand même été à insulter trois ou quatre semaines les gilets jaunes, qui étaient des fachos, etc., etc., Coquerel aussi. Tout ça a été savamment effacé de leur site. Il n’y a plus aucune image de ça.»

Sur son site, l’auteur tient, dans une chronique du 22 mai, un propos similaire : «Pendant ce temps, à La France insoumise, ces trois semaines ont été l’occasion de vomir sur ce petit peuple qui disait sa misère, c’était le temps du : « ces gilets jaunes sont des factieux d’extrême droite, tout juste de la troupe lepeniste », point, à la ligne.»

Mi-janvier, Onfray, disait déjà : «Il faut avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir que Mélenchon ne fut acquis à la cause des gilets jaunes bien après qu’ils eussent montré leur force, leur constance. Il adhère, mais comme la tique au chien.»

Contacté par CheckNews et interrogé sur les déclarations auxquelles il fait allusion, Michel Onfray répond : «Je n’ai pas l’âme d’un flic, je n’ai pas noté la date et l’heure précise. Mais j’ai bien en tête des propos peu amènes. LFI, comme une partie de la gauche, comme la CGT, a été très critique sur le mouvement au départ. J’ai par la suite fait des recherches, et il n’en existe plus de trace. J’ai eu confirmation que des choses avaient disparu de la part d’anciens de La France insoumise.» 

Egalement contacté par CheckNews, Eric Coquerel, nommément visé, dénonce une intox : «Je sais que des anciens insoumis font courir ce bruit. C’est faux. S’il n’y a pas de traces de propos insultants sur les gilets jaunes, c’est parce qu’il n’y en a pas eu. Même s’il y a eu, au début, un débat sur le niveau de notre soutien au mouvement, notamment parce qu’il y avait une peur que la mobilisation ne soit noyautée par l’extrême droite.»

CheckNews n’a pas retrouvé de traces attestant que de tels propos aient été tenus. On lit parfois des allusions au fait qu’Eric Coquerel aurait traité les gilets jaunes de «fachos» en novembre, mais sans aucune source. Une possible explication repose sur une mauvaise retranscription par le site de France Info d’une interview de Coquerel, le 16 novembre, laissant à penser, pour un lecteur pressé, que les gilets jaunes sont des fachos… là où il affirmait en fait le contraire.

Nous avons écouté et visionné de nombreuses déclarations publiques de Jean-Luc Mélenchon et de plusieurs responsables de LFI au sujet des gilets jaunes, à partir de fin octobre 2018. Elles montrent certes une évolution du discours, mais à aucun moment la défiance globale vis-à-vis du mouvement que suggère Onfray.

Fin octobre, un soutien prudent

La première attitude de LFI vis-à-vis du mouvement a été un soutien prudent. Alors que le mouvement émerge, les médias insistent sur le fait que les thématiques mises en avant (refus de la fiscalité écolo, prix de l’essence) ancrent plutôt le mouvement à l’extrême droite, insistent sur le soutien immédiat apporté à la mobilisation par le rassemblement national, et mettent le projecteur sur certaines figures du mouvement. Franck Bulher est par exemple fréquemment évoqué dans les médias. S’il a très rapidement disparu des radars médiatiques, il est alors présenté comme un relais important du mouvement (et parfois, à tort, comme son initiateur), car auteur sur Facebook d’un appel au blocage le 17 novembre, vu des millions de fois. Comme CheckNews l’écrit le 26 octobre, la médiatisation de Buhler contribue alors à rendre polémique l’organisation de l’événement. L’homme est membre du parti de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France, mais apparaît surtout en photo avec le théoricien du «grand remplacement Renaud Camus». Il a par ailleurs commis plusieurs tweets xénophobes. A l’époque, la figure d’Eric Drouet interroge aussi. Certains médias exhument ainsi des tweets anti-migrants de son profil Facebook. 

Cette prégnance, réelle ou supposée, de l’extrême droite suscite au départ un embarras certain au sein de LFI, empêchant les insoumis d’appeler franchement à la mobilisation. Mais Mélenchon et les cadres de LFI ont affirmé dès le départ que les motifs de la mobilisation étaient légitimes.

Le 30 octobre, soit près de trois semaines avant l’acte I, François Ruffin, député LFI de la Somme, consacre la dernière partie de son bulletin hebdomadaire à la mobilisation du 17 novembre : «Je ne vais pas me positionner aujourd’hui sur « faut y aller ou faut pas y aller ». La première chose à laquelle j’invite les camarades, c’est de comprendre. S’il y a un truc qui surgit comme ça sur les réseaux sociaux, c’est qu’il y a un sentiment d’injustice fiscal ancré dans le pays, qui là se concentre sur la question des taxes sur l’essence. J’invite nos camarades à comprendre. Mais c’est le sentiment d’une injustice fiscale, qui amène à une jacquerie fiscale, du moins virtuelle.» Et de mettre le doigt sur le point qui crispe le plus : la proximité du mouvement avec l’extrême droite, et le fait que la mobilisation ait pu être lancée par des «fachos». Pour Ruffin, ce n’est pas une raison pour tordre le nez et se détourner du mouvement. «Notre devoir n’est pas de dire : « Ah, regardez, les fachos ». Si on fait ça, on risque de repousser des gens qui subissent sans doute quelque chose de fort au niveau de leur pouvoir d’achat. Il ne faut pas rejeter d’un bloc et dire : c’est des fachos qui ont lancé ça. Je sais pas. On va voir, mais il faut d’abord comprendre, avant de juger.»

Le même jour, Eric Coquerel est amené à réagir au mouvement qui monte sur le plateau de CNews. A la question «Soutenez vous les appels au blocage ?», Eric Coquerel répond : «On va en parler demain au sein du groupe de La France insoumise. En tout cas, on les comprend.» Pour ce qui est de la place de l’extrême droite dans le mouvement, Coquerel règle le problème… en ne l’abordant pas. Il se borne à évoquer le profil de Priscillia Ludosky, qu’il présente comme à l’origine du mouvement, sans évoquer les initiateurs plus sulfureux. «Moi je remarque une chose, celle qui a lancé le mouvement, et c’est tout un symbole – qu’elle ne m’en veuille pas, je ne me souviens pas de son nom de famille, son prénom m’a marqué, Priscilla –, elle est dans un département, la Seine-et-Marne, où elle est obligée de prendre sa voiture. Et en plus, elle est autoentrepreneur, vous savez ce que c’est les auto-entrepreneurs ? Je trouve que c’est assez symbolique : d’un côté on enlève du pouvoir d’achat, on baisse les salaires, la protection sociale. Les gens en peuvent plus, ils ne supportent plus.» 

Mélenchon ressort son opposition sur les fâchés et les fachos

Le 30 au soir, vient au tour de Jean-Luc Mélenchon d’évoquer le sujet dans un meeting à Lille (nous avons publié l’intégralité du passage au pied de cet article). Comme Coquerel, il présente Priscillia Ludosky comme l’initiatrice du mouvement, et légitime d’emblée la colère des gilets jaunes. «Je suis frappé de voir que la principale personne qui s’exprime est elle-même une auto-entrepreneur. Ont-ils raison ou non de se mettre en colère ? Oui, ils ont raison.» Dans son discours, Mélenchon affirme bien qu’il y a des «fachos qui se sont mis au milieu», que ce n’est «pas bon pour la lutte». Mais loin de généraliser à l’ensemble du mouvement, il les renvoie au contraire aux marges du mouvement. Pour Mélenchon, la colère est «juste», «digne». Les «fachos» venant «parasiter» ou «récupérer» une mobilisation initiée par d’autres. Pour l’occasion, Mélenchon ressort cette formule déjà largement utilisée en 2012 ou 2017, consistant à faire le distinguo entre les «fâchés» et les «fachos». 

Prudent, Mélenchon n’appelle pas à la mobilisation, tout en donnant raison à la fois aux insoumis souhaitant participer au mouvement… et à ceux qui ne s’y joindront pas, en raison de la présence de l’extrême droite : «Nous ne ferons pas de récupération politique. Mais si nos amis sont dedans, et bien on sera fiers d’eux. Et s’il y en a qui n’y sont pas, et bien on sera aussi fiers d’eux, parce qu’on sait que leurs motivations sont des motivations nobles et dignes.» Et de conclure : «Leur colère est juste, leur colère est digne, leur colère mérite le respect, nous ne le montrerons pas du doigt.»

Le lendemain, le 31 octobre, le groupe parlementaire de LFI publie un communiqué. Celui-ci, titré «17 novembre : une indignation légitime contre la hausse des prix», justifie le mouvement, sans appeler non plus à manifester. Si le communiqué évoque également la présence de l’extrême droite, ce n’est pas pour dénigrer la mobilisation, mais à nouveau pour dénoncer une tentative de récupération : «Une initiative auto-organisée est proposée pour le 17 novembre prochain. Des forces politiques tentent de la récupérer au profit de la droite extrême. On ne saurait en rendre responsables celles et ceux qui ont engagé cette initiative ou qui s’apprêtent à s’y joindre. Comme les initiateurs, nous la condamnons.»

Le 4 novembre, un son de cloche plus critique -le seul- se fait entendre. Il émane de Clémentine Autain. Sur Facebook, la députée LFI écrit : «Je ne serai pas le 17 dans les blocages parce que je ne me vois pas défiler à l’appel de Minute et avec Marine Le Pen». Cette position-là est aussi celle de Benoît Hamon, ou de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui affirmera sur France Inter à la veille de la manifestation du 17 novembre qu’ «il est impossible d’imaginer la CGT défiler à côté du Front national. La CGT ne peut pas défiler à côté de ce genre d’individus ou de partis politiques». Mais si elle est partagée à gauche, cette défiance d’Autain est minoritaire dans les rangs de LFI, dont le soutien au mouvement va, au contraire, s’affirmer de jour en jour.

Le 8 novembre, changement de discours

Le 8 novembre marque une évolution dans les discours de LFI. Lors d’un meeting à Pau, Mélenchon appelle clairement au «succès» du mouvement. Et s’il évoque à nouveau la présence de «fachos», il insiste surtout sur les «fâchés», tout en suggérant que l’opposition entre les deux n’a pas forcément lieu d’être : «le 17 novembre est une auto-organisation populaire dont je souhaite le succès. Et je vous le dis mes amis, il faut souhaiter son succès. On me dit : « il y a des fachos là-dedans ». Oui, mais il y en a partout. Il y a aussi beaucoup de fâchés qui ne sont pas fachos. Et ceux-là ils ont raison d’être fâchés !» Mais surtout, Mélenchon ajoute : «Et moi, qui suis-je pour aller trier ? Non, ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est que cette colère est juste ! Le peuple a raison de se révolter.» 

Sur son blog, le 13 novembre, Mélenchon franchit un nouveau pas en invitant à un soutien actif : «J’invite mes amis sur le terrain quand ils sont d’accord avec cette idée à participer activement à la réalisation des actions en y apportant toute leur expérience militante». Le 15 novembre, son attachée de presse annonce sa présence samedi dans les rues à Paris, alors que plusieurs députés LFI signent dans Libé une tribune titrée «Pour une écologie populaire, nous bloquerons les routes contre la hausse des carburants».

Le 16 novembre, veille du jour J, Coquerel redit le soutien de LFI au mouvement, sur France Info. Comme Mélenchon quelques jours avant, Coquerel n’élude pas la présence de personnes proches de l’extrême droite, mais rechigne désormais à faire le tri entre eux, et les autres. Ce qui compte, assure-t-il, étant la revendication, pas la couleur du vote : «il y aura sûrement des électeurs du Rassemblement national. Moi, ce qui m’intéresse, c’est le mouvement citoyen. Je juge qu’ils ont raison, que les bases sur lesquelles ils protestent sont justes. Maintenant, quand il y a une grève de salariés que je soutiens, est-ce que vous pensez qu’il n’y a pas d’électeurs du Rassemblement national ? Bien sûr que si ! Mais je ne vais pas leur demander leur carte d’électeur.» Et de conclure : «Ce mouvement, nous le soutenons, exactement comme nous le faisons avec les grèves.»

Le 17 novembre, Mélenchon, présent dans le cortège parisien, se félicite de l’«immense moment d’auto-organisation populaire en cours».

Le 19 novembre, Mélenchon dénonce l’aveuglement de la gauche

Au lendemain de la mobilisation du 17 novembre (qui réunit selon le ministère de l’Intérieur 300 000 personnes dans toute la France), Mélenchon n’a plus aucune réserve. Le 19, il salue dans une note de blog une «transition d’époque», avec un mouvement inédit validant ses propres intuitions. «Ce mouvement ne ressemble à rien de ce que l’on a vu jusqu’à ce jour. A mes yeux, il a toutes les caractéristiques de ces faits que la théorie de « l’Ere du peuple » annonce.» Et de citer la spontanéité du mouvement, et «l’ouverture totale de l’action à qui le voulait sans distinction d’opinion politique, ou de ce que l’on voudra». Il n’est pas question de «fachos» dans le texte. La présence de l’extrême droite au sein des gilets jaunes est évoquée… mais uniquement comme la mauvaise raison qu’ont invoquée par aveuglement certains tenants de la gauche classique pour prendre des distances avec le mouvement.

Oubliant ses précautions du début -et le fait qu’il avait lui même, le 30 octobre, dit être «fier» de ses camarades refusant de s’engager dans le mouvement en raison de la présence de l’extrême droite-, Mélenchon égratigne désormais «l’aveuglement du monde traditionnel de « la gauche »» jugé trop frileux avec les gilets jaunes. Et de dénoncer ceux qui «ont attribué le mouvement à l’extrême droite, ce qui revenait à lui en attribuer la direction, alors même que le mouvement cherchait à échapper à tout contrôle». Hamon et les syndicats, coupable de «distanciation, voire pire», en prennent pour leur grade. Et Mélenchon de se féliciter, a contrario, que LFI se soit selon lui «directement liée au mouvement dans le plus total respect de ses caractéristiques d’autonomie et d’auto-direction.» 

En résumé : Il y a bien eu deux temps dans la prise de position de LFI vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes, mais jamais le rejet global qu’Onfray dénonce. Entre fin octobre et le 8 novembre, les insoumis ont adopté un soutien prudent de la mobilisation. Inquiets des rumeurs et du bruit médiatique attribuant à l’extrême droite une place importante dans la manifestation, ils n’ont pas appelé officiellement à y participer, tout en insistant sur la légitimité de la colère, et en soutenant les insoumis qui souhaitaient se joindre au mouvement. Pendant cette première phase, le terme «facho» a bien été employé à plusieurs reprises par Jean-Luc Mélenchon, non pour désigner l’ensemble des gilets jaunes, mais pour déplorer que des «fachos» se soient mêlés au mouvement. À partir du 8 novembre, le soutien de LFI aux gilets jaunes devient plus franc. 


Verbatim intégral du passage du discours de Jean-Luc Mélenchon du 30 octobre sur les gilets jaunes :

«Les pauvres gens essaient de faire face. C’est tout ce qu’ils font. Et puis ils voient pas par où attraper le problème. Et puis un jour, vous pouvez pas savoir où, vous pouvez pas savoir quand, il y a quelqu’un qui se fâche vraiment. Et ça met en mouvement un tas d’autres. Et ce tas d’autres entraîne encore un tas d’autres. Il faut respecter certaines règles pour que ça marche. Et c’est ce qui s’est passé. Il y a des gens qui disent : «Ecoutez, moi je gagne un smic. Votre histoire, c’est 100 ou 150 euros de plus par mois. Vous me dites : si j’augmente le prix du carburant, on va moins utiliser de carburant. Mais qui va utiliser moins de carburant ? Vous allez rapprocher l’école de ma maison ? Je vais pouvoir aller au centre commercial comment ? Vous allez m’y emmener ?» Qu’est ce qui va se passer ? les gens vont réduire sur d’autres postes de consommation. Et une injustice, parce que c’est une injustice, va en entraîner d’autres. […/…] Alors il y a un mouvement qui a été appelé par des femmes. Je suis frappé de voir que la principale personne qui s’exprime est elle-même une auto-entrepreneur. Ont-ils raison ou non de se mettre en colère ? Oui, ils ont raison. Mais après il y a un problème : voilà qu’est venu se mettre au milieu des fachos. Ça c’est pas bon du tout pour la lutte, ça la rabougrit. Et d’ailleurs, nous avons reçu des avertissements d’au moins deux syndicats, qui nous mettent en garde. La CGT et Solidaires nous disent : «attention, il y a des fachos». D’accord, on va faire attention, mais moi je vous dis ce qui est. Il se trouve que parmi mes amis et camarades, et parmi les insoumis, les uns disent : «ben moi je vais le faire». Et qu’est-ce que je vais leur dire ? «Non, le fais pas, parce qu’il y a des fachos ?» Il va me dire : «mais moi, je suis fâché, pas facho». Il aura raison. Qu’est-ce que je lui dis ? Faut pas lutter ? Parce que dans la lutte, il y en a qui me plaisent pas ? Non, je ne peux pas dire ça. D’autres de mes amis n’iront pas, parce qu’ils disent «moi je mets pas un pied là où il y a un facho». Nous n’appellerons pas, parce que nous ne ferons pas de récupération politique. Mais si nos amis sont dedans, et bien on sera fiers d’eux. Et s’il y en a qui n’y sont pas, et bien on sera aussi fiers d’eux, parce qu’on sait que leurs motivations sont des motivations nobles et dignes. Voilà mes amis : ne montrez pas du doigt ceux qui luttent, parce que ceux qui sont avec eux essaient de les parasiter. Je voulais vous dire ça. il n’y a rien qui m’obligeait à le faire. Mais si je ne le fais pas, alors ce n’est pas honnête, parce que vous ne pouvez pas savoir ce qui peut se passer ce jour-là. Peut-être que des tas de gens, tout d’un coup, auront trouvé le point par lequel faire passer toute leur colère. Et leur colère est juste, leur colère est digne, leur colère mérite le respect, nous ne le montrerons pas du doigt.»


Cédric Mathiot

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