Ma vie après… le salariat : « Chaque jour, il y a une grosse galère et une grosse réussite »

Six ans après sa création, Distrikt Beer, le nom de sa société est toujours sur pieds, quand 50% des entreprises mettent la clé sous la porte dans les cinq ans suivant leur création. Entre temps, Clotilde, la femme d’Alexandre a rejoint l’aventure. « Ça s’est fait naturellement, je sentais qu’il y avait beaucoup de choses à faire », confie-t-elle. Son passé de responsable d’une boutique de bijoux l’aide dans ses nouvelles tâches mais ne lui manque pas : « c’est encore mieux parce qu’on croit vraiment en notre produit, on le connait de A à Z. »

Leur vie a changé du tout au tout. Plus épanouis, Clotilde et Alexandre travaillent toutefois beaucoup plus : « C’est de sept heures du matin à minuit pratiquement. Le soir, au lit, je suis encore sur l’ordinateur », raconte Alexandre. Sans compter l’argent en moins : « Un Smic chacun, enfin à peine. » 

Une perte de pouvoir d’achat qui ne leur fait ni chaud ni froid. « Déjà on n’a plus le temps de consommer », avoue l’ancien ingénieur en riant, mais il estime aussi qu' »une fois que l’on fait quelque chose que l’on aime, il y a plein de choses qui se débloquent, on retrouve notre liberté et on a moins envie d’acheter. » Le couple et leurs deux enfants apprécient ce retour à une vie simple. Ils souhaitent d’ailleurs que leur brasserie ne grossisse pas trop. « On travaille avec des grands groupes », nuance le brasseur. « Mais il faut que ce soit maîtrisé, qu’on n’ait pas à rediscuter du prix tous les ans pour rester dans les rayons », au risque de voir les marges réduites à néant.

Aux grands groupes industriels, Alexandre préfère … les groupes de musique. Ce musicien passionné a ainsi collaboré avec les Naïve New Beaters, une de ses groupes préférés. Après avoir tenté de les rencontrer en vain, « je reçois un SMS de David (Boring, le chanteur, ndlr) qui m’explique qu’il a bu une de mes bières, qu’il a beaucoup aimé, et qu’il aimerait bien faire la sienne », nous raconte l’entrepreneur. « Je croyais que c’était une blague, mais on s’est vu et quinze  jours après, il venait brasser ». Depuis deux ans, la Naïve New Beer est présente à chacun de leur concert, aux côtés d’Alexandre qui assure régulièrement les premières parties.

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