Les créations d’entreprises rebondissent

Après un recul entre janvier et février, le nombre de créations d’entreprises a bondi de 1,3% en France en mars. Au total, 67.099 entreprises ont été créées durant le mois dernier contre 66.252 en février. D’après les chiffres de l’Insee publiés ce vendredi 12 avril, elles ont augmenté de 1,3% après une baisse d’un niveau similaire. Le nombre des immatriculations demeure donc à des sommets après avoir stagné autour de 44.000 par mois entre 2011 et 2016. En glissement annuel, le nombre cumulé d’entreprises enregistrées auprès de l’administration a bondi de 17,3% après 16,9% en février et 16,9% en janvier.

L’envolée des entreprises classiques

Depuis le début de l’année, la dynamique des immatriculations est principalement portée par les entreprises classiques. Les services de l’Insee ont ainsi recensé 35.231 créations en mars contre 34.547 en février et 33.954 en janvier. Sur l’ensemble des immatriculations déposées, la part des entreprises classiques (25,8%) est inférieure aux autres types d’entreprises comme les micro-entreprises (45,9%) ou les formes sociétaires (28,4%). Et cette proportion a légèrement tendance à décliner (28,8% en janvier, -0,4 point) pour cette dernière catégorie.

Du côté des micro-entreprises, l’institut de statistiques a enregistré 31.868 immatriculations en mars contre 31.705 en février et 33.166 en mars. En dépit de ce ralentissement, la part des micro-entreprises sur le total a tendance à augmenter pour passer de 45,1% en janvier à 45,9% en mars. Cette tendance reflète le succès de ce statut.

En revanche, la faible pérennité de ce type d’entreprise met en exergue la fragilité de ce modèle. Dans une enquête publiée à l’automne 2017, les économistes de l’Insee soulignaient que sur 100 auto-entrepreneurs immatriculés au premier semestre 2010, 38 n’ont jamais été actifs et leur radiation a été prononcée tandis que 62 ont effectivement démarré une activité économique. Parmi ces derniers, 39 ont cessé leur activité en tant qu’auto-entrepreneur et 23 sont toujours actifs sous ce régime cinq ans après.

> Lire aussi : Régime des auto-entrepreneurs : un bilan mitigé

Dynamique dans le commerce et les transports

Ce mouvement favorable est soutenu par l’ensemble des secteurs à l’exception des services aux ménages (-1,5%) entre le mois de février et le mois de mars. Sur 12 mois, la hausse la plus spectaculaire concerne les transports et entreposages (70,4%). Il est suivi du commerce, des transports, hébergement et restauration (24,9%) et des services aux ménages (19,7%). À l’opposé, les activités financières et d’assurance (8,9%) et l’enseignement, la santé, l’action sociale (6,1%) connaissent une moindre accélération parmi les secteurs étudiés par l’organisme de statistiques.

Hausse des défaillances d’entreprises

En parallèle, le nombre de défaillances d’entreprises est passé de 54.032 en janvier 2018 à 54.371 en janvier 2019. Selon les dernières données de la Banque de France publiées le 9 avril dernier,  le cumul du nombre de défaillances repart donc légèrement à la hausse sur un an (+0,6%), alors que l’on observait une baisse le mois dernier (-1,0%). Derrière cette moyenne apparaissent de nombreuses disparités entre les secteurs. « Les secteurs des transports (12,6%), des conseils et services aux entreprises (6,7%) et des activités financières et d’assurances (6,7%) enregistrent les plus fortes progressions du nombre de défaillances » entre février 2018 et février 2019.

À l’opposé, « les défaillances reculent cependant dans plusieurs secteurs, en particulier dans l’agriculture (-4,7%), l’information et communication (-3,2%), le commerce (-1,7%) et la construction (-1,7%) » précise la banque centrale.  Il existe également des contrastes par taille. « Les défaillances progressent pour les petites et moyennes entreprises (+0,6%). Elles reculent en revanche pour les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises avec 4 défaillances sur un an ». Si le dernier rapport de l’observatoire des délais de paiement remis il y a quelques jours montre une stabilité des délais entre clients et fournisseurs, les grandes entreprises conservent un contrôle important sur les PME. « La proportion des entreprises réglant leurs fournisseurs en moyenne sans retard diminue significativement avec la taille. En effet, s’il apparaît que 70% des PME respectent des délais inférieurs à 60 jours, ce chiffre n’est plus que de 53% si l’on considère les ETI, et chute à 46% pour les grandes entreprises » soulignent les auteurs du document.

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