L’accès à la commande publique pour les auto-entrepreneurs: un simple leurre?

Par Ismail Benbaba le 14/02/2019 à 23h16

Mohamed Benchaaboun

Mohamed Benchaaboun, ministre de l’Economie et des finances.

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Kiosque360. Juste un coup de buzz médiatique. C’est en tout cas de cette manière que les professionnels voient la proposition du ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, d’ouvrir la commande publique aux auto-entrepreneurs et aux coopératives.

L’ouverture de la commande publique aux auto-entrepreneurs devrait bientôt être une réalité, vu que le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, a déposé un projet de décret dans ce sens. Mais La Vie Eco, qui s’intéresse au sujet dans sa publication en kiosque ce vendredi, révèle que la proposition soulève un certain nombre d’interrogations quant à son applicabilité et à l’intérêt que portent les pouvoirs publics au statut de l’auto-entrepreneur, qui peine encore à convaincre beaucoup de monde. Le journal se demande d’ailleurs si cette proposition du gouvernement n’est pas simplement de la poudre aux yeux.

 

Dans les détails, les coopératives et les auto-entrepreneurs figureraient désormais dans la liste des bénéficiaires potentiels de la commande publique. La mesure proposée prévoit aussi la révision des 20% du montant global des marchés publics réservés aux PME pour les porter à 30%, en incluant les coopératives et les auto-entrepreneurs. Mais le texte prévoit également des conditions particulières qui devront être respectées par les entrepreneurs individuels avant de soumissionner à un marché public.

 

Cependant, même si les professionnels estiment que cette proposition est une bonne chose, ils soulignent surtout qu’elle n’a aucun sens sur le terrain. Pour Abdellah El Fergui, président de la confédération marocaine des TPE-PME, Benchaâboun veut seulement faire du buzz, sans plus. «Il est inconcevable de mettre des auto-entrepreneurs en concurrence directe avec des PME. Ces deux statuts ne sont similaires ni en termes de ressources humaines, ni en capacités techniques, ni en ressources financières. L’auto-entrepreneur est même incapable de s’acquitter de la caution exigée dans ce type de marchés, puisque son montant équivaut parfois à son chiffre d’affaires annuel», explique-t-il. 

 

Amal Chérif Haouat, directrice générale d’Attitudes Conseil et présidente du Forum international des très petites entreprises (FITPE), renchérit en ajoutant que, même si l’offre technique présentée par un auto-entrepreneur l’emporte sur ses concurrents, la limitation financière qu’impose son statut annihilera sa candidature et le découragera de soumissionner.

Par Ismail Benbaba

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