Incendie. L’atelier d’une vie réduit en cendres – Quimper


Rien n’a pu être sauvé de l’atelier où François Le Bloc’h était installé.
Rien n’a pu être sauvé de l’atelier où François Le Bloc’h était installé. (Photo Paul Bohec)

Dimanche soir, un incendie a détruit un bâtiment, chemin de Kervescar, au lieu-dit du même nom. Si aucune victime n’est à déplorer, François Le Bloc’h, tapissier installé en auto entrepreneuriat, a absolument tout perdu de son atelier. Son matériel, ses tissus et ses collections, rien n’a pu être sauvé.

Capuche sur la tête, François Le Bloc’h, planté dans la cour devant l’ancien corps de ferme, ne peut que constater l’ampleur des dégâts ce lundi, en fin de matinée. Sous une pluie battante, il jette un regard désolé sur ce qu’il reste de son atelier de tapisserie. Dimanche soir, un incendie dont l’origine est encore indéterminée, a ravagé toute la partie droite du bâtiment. Les 18 pompiers, arrivés sur place dès 21 h, n’ont pu qu’empêcher la propagation à l’aile gauche alors que la toiture de l’atelier était entièrement embrasée.


«Tout est parti »

Atterré, le tapissier peine à trouver ses mots. « C’est quelqu’un qui a vu le feu depuis la route hier soir (NDLR : dimanche soir) qui a aussitôt appelé les pompiers. Quand je suis arrivé, ils étaient déjà sur place… C’était trop tard », glisse-t-il en soufflant. Le quadragénaire, qui vit à Guengat, s’est installé en tant qu’auto-entrepreneur il y a neuf ans dans la grande bâtisse qui appartient à ses parents. Ces derniers, agriculteurs à la retraite, habitent à quelques mètres seulement de là. Eux aussi sont particulièrement choqués. « Ils ont dû supporter un crédit pendant des années et ils ont vu le bâtiment rongé par les flammes », raconte François Le Bloc’h.

Le bureau, les collections, les tissus, les machines : tout a brûlé dans l’incendie de ce dimanche 3 février. (Photo Paul Bohec)

De l’atelier, absolument rien n’a pu être sauvé de l’incendie. Devant la bâtisse dépossédée de toute toiture et dont les poutres sont apparentes, quelques objets à peine ont été posés : une table, quelques bidons et une vieille pompe à essence. « Tout est parti… », soupire le tapissier en désignant l’intérieur des locaux, où la pluie s’engouffre à grosses gouttes. Il n’y reste plus grand-chose : le matériel, les meubles, les tissus, les collections, « même les vieilles machines à coudre industrielles, les meilleures, ont brûlé ».


« Quand on tombe, c’est pour mieux se relever »

Diplômé de deux CAP (certificat d’aptitude professionnelle), le Finistérien a travaillé pendant deux années en apprentissage, puis a d’abord rejoint Oris Décoration, à Quimper, et l’atelier Gouzien, à Douarnenez. Avant de prendre la décision de voler de ses propres ailes. Installé à Kervescar depuis bientôt dix ans, il couvre toute la Cornouaille, travaillant principalement avec des particuliers ou en sous-traitance. « C’est un sacré investissement : d’argent, et de temps surtout. Quand on aime son métier, on ne compte pas ses heures, et moi j’étais content d’y aller tous les jours », assure François Le Bloc’h.

Dimanche soir, l’incendie a entièrement détruit la toiture et l’intérieur de l’atelier de tapisserie de François Le Bloc’h. (Photo Thierry Charpentier)

Velours, similis cuir, le tapissier d’ameublement s’occupait de la réfection de fauteuils, sièges, canapés et même de stores. « J’avais accumulé beaucoup de matériel dans ces locaux, dont certains avaient une valeur sentimentale, explique-t-il. Je récupérais certains meubles, des carcasses parfois, et leur donnais une seconde vie plutôt qu’ils finissent à la déchèterie ».

Ce lundi, il attendait encore les experts en incendie pour savoir ce qui avait bien pu provoquer le départ de feu. « Je n’ai aucune explication : le réseau électrique a été refait il y a douze ou treize ans. Et ça s’est déroulé pendant le week-end. Or, je n’ai lancé aucune de mes machines ni samedi ni dimanche », précise le Guengatais. Ce dernier, qui a tout perdu, ne sait pas du tout quand est-ce qu’il pourra reprendre le travail. Et craint que l’argent des assurances ne couvrent qu’une petite partie de tout ce qu’il a perdu. « Je n’ai aucune visibilité pour la suite… », s’attriste le tapissier qui, les yeux brillants, termine : « Mais quand on tombe, c’est pour mieux se relever ».

L’origine de l’incendie était encore inconnue ce lundi, les experts étaient attendus dans la soirée. (Photo Thierry Charpentier)

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