Edition de Vesoul Haute-Saône | Il encaissait les acomptes mais n’effectuait pas les travaux

À 22 ans, le jeune autoentrepreneur avoue avoir été dépassé par les événements. Est-il sincère ou essaie-t-il de minimiser sa responsabilité ?

C’est ce que le tribunal de Vesoul a dû trancher, ce jeudi, lors de l’audience correctionnelle. Il lui était reproché d’avoir abusé la confiance de plusieurs particuliers en leur demandant des acomptes pour des travaux d’entretien. Sauf qu’il n’a pas ou partiellement exécuté les chantiers.

Pourquoi ? « Je n’avais plus envie, je n’étais plus motivé », réplique-t-il laconiquement. « Si je comprends bien, vous encaissiez de l’argent et vous restiez chez vous ? », l’asticote le président du tribunal. Le jeune homme, père de deux enfants, répond avoir d’abord voulu « nourrir sa famille ».

Jusqu’à 6 000 €

Quatre de ses victimes, parmi onze au total, lui font face dans la salle d’audience. Elles ont versé des acomptes, jusqu’à 6 000 € pour la somme la plus importante, et n’ont jamais revu le jeune homme. Le tribunal a fait le total : il aurait perçu 16 380 €. Sa compagne, absente de l’audience, était poursuivie pour avoir encaissé deux chèques. Elle a été relaxée.

« Je m’excuse auprès des clients et je vais les rembourser », assure le prévenu. Il propose même de rembourser certains, en liquide, dès l’après-midi !

Toujours entrepreneur

Avocate d’une victime, Me Bonnot s’inquiète : « Il est toujours inscrit au registre du commerce et des sociétés et c’est inquiétant. Pour aller faire du porte-à-porte, il est motivé ; pour aller faire les travaux, il l’est beaucoup moins. » La procureure de la République est, elle aussi, sceptique sur la repentance du prévenu. « Onze victimes ont été flouées. Il savait qu’il ne pourrait pas honorer ses contrats : il n’avait ni le matériel, ni les compétences. Ses excuses ne trompent personne. » Elle requiert une peine d’un an de prison avec sursis et une peine complémentaire d’interdiction de gérer une société pendant 10 ans.

Pour la défense, Me Briquet regrette qu’on « s’acharne sur son client, qui s’excuse et veut rembourser ses victimes ». Il plaide la relaxe, arguant que le litige relève du droit commercial et non pénal.

Finalement, le tribunal a bel et bien retenu l’abus de confiance. Il a condamné le jeune entrepreneur à une peine de 18 mois de prison avec sursis, ainsi qu’à l’obligation de travailler et d’indemniser les victimes.

C.C.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *