Création. Les capsules de café, « what else ? » – Lannion


Christophe Jouanneault, dans la pièce de son appartement qui lui sert d’atelier.
Christophe Jouanneault, dans la pièce de son appartement qui lui sert d’atelier.

Amoureux de la nature, Christophe Jouanneault s’est lancé dans la création à partir d’un matériau surprenant : les capsules de café en aluminium. Une façon pour lui d’œuvrer pour l’environnement et de répondre en beauté à un parcours de vie semé d’embûches.

« Les déchets de capsules de café me mettaient en rogne. Quand j’ai vu qu’on pouvait créer des bijoux et des objets avec, je me suis lancé. Et quand je me mets dans quelque chose, j’y vais à fond ». Ancien jardinier paysagiste puis bûcheron, obligé de se reconvertir, car atteint d’arthrose et victime d’une hernie discale, Christophe Jouanneault se consacre, depuis 2014, à la création à partir de capsules de café qu’il récupère, vide et nettoie.

Un présentoir à bijoux de Christophe Jouanneault

« Je suis au chômage, alors au départ je me faisais plaisir. Mais quand, sur les marchés, les gens me voient travailler et me complimentent, ça me fait du bien », raconte-t-il. Originaire de la région parisienne, passé par la Normandie, l’amoureux de la nature a posé ses valises à Lannion il y a quelques années : « De tous les endroits que j’ai faits, ici c’est l’idéal pour la nature ».

Les capsules représentent en France environ 20 000 tonnes d’aluminium à faire fondre pour en refaire de nouvelles chaque année, ça représente beaucoup d’énergie consommée !


Matériaux récupérés

Pour ses créations, le quadragénaire utilise le plus souvent des matériaux récupérés, les capsules de café en tête. Dans les brocantes, il glane aussi les vieux bijoux, dont il utilise des éléments auxquels il donne une nouvelle vie. « Un des seuls matériaux que j’achète, c’est la colle », explique l’artiste devant les caisses où sèchent des centaines de capsules multicolores. Le café qu’elles contiennent, il l’utilise pour faire du compost.

Les capsules vidées et lavées sèchent avant d’être transformées.

Selon Christophe Jouanneault, même si le fabricant recycle ses capsules, « elles représentent en France environ 20 000 tonnes d’aluminium à faire fondre pour en refaire de nouvelles chaque année, ça représente beaucoup d’énergie consommée ! ».


Couples d’amoureux

Depuis le début de l’année, en plus des colliers, boucles d’oreille, colliers, bracelets et broches à chapeau, Christophe s’est lancé dans la fabrication de figurines de couples bretons, inspirés des amoureux de Peynet, qui intéressent des boutiques de la région. Sous cloches de verre ou non, il les commercialisera cet été sur les marchés d’arts de la côte.

Christophe s’est lancé dans la fabrication de figurines de couples bretons, inspirés des amoureux de Peynet.

En pleine démarche pour devenir autoentrepreneur, il compte bien développer cette activité qu’il a baptisée Art’Esspresso, et en faire une source de revenus. En effet, si Christophe s’est formé à l’animation et dispose de solides connaissances dans le domaine de l’écologie, les activités qu’il exerce autour de la nature relèvent souvent du bénévolat. « Il n’y a pas d’argent pour ça », déplore-t-il.

Un bénévolat qu’il a beaucoup pratiqué, au point de recevoir une très officielle lettre de félicitation gouvernementale pour ses services rendus. Le militant de la nature s’implique d’ailleurs dans les activités du centre social « l’Horizon », où il participe à des ateliers de cuisine, et pour lequel il va mettre en place un atelier autour de sa pratique artisanale.

Ce « cassé de la vie », comme il se décrit lui-même, s’accroche à sa passion, avec en tête deux maximes sur lesquelles il s’appuie pour continuer d’aller de l’avant : « Ne me jugez pas sur mes réussites, mais sur le nombre de fois où je suis tombé et où je me suis relevé », de Nelson Mandela, et celle d’Antoine Lavoisier, en lien à l’activité qu’il développe : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

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