Ana-Maria Prieto-Muriel. « Recommencer à zéro n’a pas que des mauvais côtés »

Bretons du monde

Espagnole de Figueras, Ana-Maria Prieto-Muriel, 53 ans, a suivi son mari breton à Lorient, il y a cinq ans. Un rebond européen tardif, qui lui a valu quelques surprises, mais pas de regrets.

Certains viennent d’ailleurs et ont choisi d’habiter en Bretagne. D’autres quittent la Bretagne pour aller vivre ailleurs. Découvrez la carte des Bretons du monde.

Pourquoi cette décision de vous installer dans le Morbihan, après plus de 20 ans en couple en Catalogne ?
On s’est connus en Espagne, avec mon mari. On a monté une boutique de nautisme à Figueras, qui a fermé en 2007, à cause de la crise économique qui a secoué le pays. J’ai ensuite exercé comme professeur de sport pour la municipalité, lui a travaillé à droite et à gauche. Ses parents, installés à Guidel, vieillissaient. C’était le bon moment pour se rapprocher d’eux. Moi, je n’ai jamais eu peur de bouger. Enfant, j’ai déjà dû me réadapter en arrivant en Catalogne, en réapprenant une autre langue que le castillan. En 2014, le cadet de mes trois enfants était encore mineur, on voulait qu’il maîtrise le français et connaisse la culture. Alors on a sauté le pas.

Y a-t-il eu des mauvaises surprises, des difficultés à surmonter ?
Malheureusement, oui. Il a fallu se réinventer. On a beau être en Europe, aucune de nos expériences ou de nos formations espagnoles n’ont trouvé d’équivalence en France. Mon mari a constaté que ses permis de skipper n’étaient pas valables. Cinq ans après, je suis encore aujourd’hui en train de passer des validations pour pouvoir de nouveau donner des cours de gymnastique. Dans l’intervalle, je me suis installée comme auto-entrepreneur pour proposer des cours d’espagnol. Je participe notamment à l’un des ateliers de l’association Babellium. Recommencer à zéro n’a pas que des mauvais côtés. Cela fait bouger l’esprit ! On a finalement décidé de se lancer dans un nouveau projet en couple. Nous allons ouvrir d’ici début juillet une boutique de produits espagnols, Hispana Gourmet, sur la place de l’Église à Larmor-Plage (Morbihan). On a été en Espagne apprendre à couper le jambon, le lien avec notre vie précédente n’est pas rompu.

Sophie Prévost

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